Par Mandy Ng
Nom : Alysia Garmulewicz
Âge : 17
Lieu de résidence : New Denver en Colombie-Britannique
Fonction : Directrice de la Conférence des jeunes Canadiens sur le changement climatique.
Comment elle a commencé à s’impliquer : C’est au cours d’un inoubliable voyage dans les terres glacées de l’Antarctique qu’Alysia décida de s’impliquer pour trouver des solutions aux problèmes environnementaux. En 2002, la jeune fille suivit les traces de grands explorateurs comme Sir Ernest Shackleton en participant à une expédition en Antarctique grâce à Students on Ice, un programme éducatif qui emmène les jeunes faire du trekking dans les régions arctiques afin de les sensibiliser aux enjeux environnementaux et politiques qui concernent ces zones du globe. Les participants reviennent souvent de leur périple avec la sensation d’avoir vécu l’expérience de leur vie et une meilleure compréhension de l’écosystème mondial.
Si voir l’Antarctique fut une expérience extraordinaire pour Alysia, c’est plutôt le fait que le réchauffement planétaire menaçait ces terres immaculées qui la marqua profondément. « Notre mode de vie non durable a un impact sur l’Antarctique », affirme-t-elle. « Le fait de savoir que l’Antarctique subit des changements et qu’il n’est pas protégé contre cela m’a poussée à agir. » (Les signes annonçant un changement climatique dans la péninsule antarctique sont alarmants en raison des répercussions que ce phénomène a sur le reste de la planète. [Pour en savoir plus au sujet des changements climatiques, visite le www.greenpeace.ca.]).
De retour chez elle, Alysia mis sur pied une conférence intitulée Mon expédition en Antarctique et fit le tour des écoles et des organismes communautaires de sa région, comme le Rotary Club et la Royal Canadian Legion. « J’ai remis les choses dans leur contexte en disant aux gens que l’Antarctique était un avertissement pour le reste de la planète, un peu comme ces canaris que les mineurs utilisaient pour savoir si l’air était toxique au fond de la mine », raconte Alysia. « C’est pour cette raison que tout le monde à travers le globe devrait se sentir concerné par le changement climatique que subit présentement l’Antarctique. »
La conférence d’Alysia suscita beaucoup de commentaires positifs de la part des adultes, mais ne reçut qu’un accueil silencieux du côté des élèves, apparemment peu touchés par ses propos. « Il y avait clairement un manque d’intérêt de leur part. Le courant ne passait pas. Un seul élève est venu me demander davantage d’information », se souvient-elle.
Ce qu’elle fait pour sauver la planète : Constatant le besoin pour une plus grande implication, Alysia décida d’organiser la Conférence des jeunes Canadiens sur le changement climatique (YC3). Elle espère réunir plus de 100 Canadiens âgés entre 15 et 20 ans afin de discuter et d’établir un plan d’action pour aider la planète.
La conférence se déroulera du 3 au 6 juillet à la Royal Roads University à Victoria en Colombie-Britannique. Le but : changer la manière dont la société gère le changement climatique. « Les gens pensent souvent que le fait d’éteindre la lumière et de jeter leurs ordures suffit pour donner un coup de pouce à l’environnement. Mais je crois que cette vision des choses n’est plus celle de notre génération », affirme Alysia. « Nous pouvons faire une différence. Nous avons une nouvelle énergie, une nouvelle façon de voir les choses. Nous avons une vision unique et optimiste de la situation. »
La conférence mettra en vedette des conférenciers prestigieux, offrira des ateliers stimulants et donnera la possibilité aux participants d’établir des contacts et de créer des réseaux. Le but de cet événement n’est pas seulement de discuter des problèmes, mais aussi de poser des gestes concrets pour les régler. YC3 permettra aux participants de rencontrer d’autres militants et activistes en environnement et leur fournira l’occasion de développer un talent pour la plaidoirie qui leur sera utile toute leur vie.
Implique-toi : Si tu as de bonnes idées pour sauver la planète, visite le www.yc3.net (site en anglais seulement) pour plus de détails sur comment participer à la conférence de cet été. Si tu ne peux pas assister à la conférence, tu peux tout de même participer en t’inscrivant comme déléguée en ligne. En tant que déléguée virtuelle, tu peux prendre part à la conférence en accédant à de l’information sur les ateliers, les discours d’ouverture et les plans d’action. Tu peux également participer aux discussions.
Nom : Severn Cullis-Suzuki
Âge : 24 ans
Lieu de résidence : Vancouver
Profession : Militante en environnement
Comment elle a commencé à s’impliquer : Peut-être as-tu déjà vu Severn à la télévision dans l’émission Suzuki’s NatureQuest qu’elle animait sur le Discovery Kids Channel. Dès son plus jeune âge, Severn a développé une très grande passion pour l’environnement sous l’influence de son père, David Suzuki, environnementaliste et auteur de renommée internationale.
Ce sont les nombreux voyages que Severn fit en compagnie de sa famille qui lui permirent de prendre très tôt conscience des problèmes environnementaux. Elle allait souvent pêcher avec son père et une prise en particulier lui fit réaliser comment l’irresponsabilité des êtres humains détruisait l’environnement : le poisson pêché souffrait de tumeurs cancéreuses. À l’âge de neuf ans, Severn et sa famille passèrent deux semaines au Brésil avec les Kayapo, une tribu indigène de l’Amazonie.
Le jour de leur départ, Severn fut témoin d’un incendie qui ravagea une bonne partie de la forêt amazonienne. L’exploitation forestière industrielle a causé un grave problème de déboisement massif en Amazonie où l’on retrouve l’une des dernières grandes forêts humides tropicales de la planète. Ces événements laissèrent une marque profonde dans l’esprit de la jeune Severn. Elle décida donc de fonder la Environmental Children’s Organization (ECO), un groupe permettant aux jeunes de mieux connaître l’environnement et de le faire découvrir aux autres.
Les jeunes de la ECO ramassèrent suffisamment d’argent, en vendant des plats cuisinés maison et des bijoux artisanaux, pour se rendre au Sommet de la terre à Rio en 1992 où Severn, alors âgée de 12 ans, fit un discours éloquent au sujet des catastrophes écologiques qui menaçaient les générations futures. Ses propos émurent jusqu’aux larmes le public de décideurs influents venus de partout à travers le monde pour participer au sommet.
En 1993, Severn reçut le prix Global 500 des Nations Unies pour son travail avec ECO. En 2002, elle faisait partie du comité de spécialistes réunis par Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies, pour le conseiller lors du Sommet mondial pour le développement durable des Nations Unies à Johannesburg. La même année, Severn mis sur pied, avec quelques-uns de ses amis, un espace de réflexion sur Internet appelé le Skyfish Project (www.skyfishproject.org) dans le but d’encourager les jeunes à parler de leur avenir et de l’environnement.
Ce qu’elle fait pour sauver la planète : Ce n’est pas nouveau pour Severn, maintenant âgée de 24 ans, de mener plusieurs projets de front à la fois. Lorsqu’elle n’est pas en train de rédiger sa thèse de maîtrise en ethnobotanique (un croisement entre l’anthropologie et la botanique) à l’University of Victoria, elle organise la conférence Salmon Nation Youth Summit qui aura lieu cet été à Prince Rupert et compile les témoignages inspirants de Canadiens qui militent pour des changements sur le plan environnemental dans leur communauté pour un livre qu’elle veut publier. Severn prend également le temps de transmettre son message écologique en visitant des écoles ou en participant à des conférences et à des événements internationaux. Elle essaie de sensibiliser les jeunes en les encourageant à poser de petits gestes qui auront un grand impact. « En plus d’être altruistes et de changer le statu quo, nous devons reconnaître que les petits gestes que nous posons ont un impact », affirme-t-elle. Cela peut vouloir dire prendre l’autobus, se déplacer en vélo, conduire une voiture éconergétique ou acheter des aliments produits localement.
Implique-toi : Le mot d’ordre de Severn est simple : implique-toi dans quelque chose qui te tient à coeur et sois attentive à ce qui se passe dans ta communauté. « La meilleure façon de s’impliquer, c’est de tenir compte de nos champs d’intérêts », conseille-t-elle.
Envie d’en faire plus ? Jette un coup d’oeil à la section Recognition of Responsibility (ROR) sur le site Web du Skyfish Project (site en anglais seulement). Le ROR est un document que Severn a apporté avec elle lors du Sommet de Johannesburg en 2002 pour inciter les jeunes à adopter un mode de vie écologique. Severn croit que les jeunes d’aujourd’hui peuvent être les leaders de demain. « Si seulement nous pouvions inspirer les gens pour qu’ils se sentent plus liés à la planète et qu’ils regardent autour d’eux pour constater les dommages que nous faisons, je pense qu’à ce moment-là, nous aurions une chance de changer les choses », conclut-elle.
Nom : Christopher Hakes
Âge : 36 ans
Lieu de résidence : Toronto
Fonction : Reponsable des projets communautaires et du développement pour l’organisme Earth Rangers
Comment il a commencé à s’impliquer : Earth Rangers (qui signifie gardiens de la Terre en français) est un organisme situé à Woodbridge en Ontario qui éduque les jeunes par le biais de conférences et de programmes organisés dans les écoles. Christopher est un gardien de la Terre dans tous les sens du terme. Sa mission l’a en effet mené aux quatre coins du globe.
Christopher a grandi à Toronto. Il a commencé à faire du bénévolat pour le Endangered Animal Sanctuary, un refuge pour les animaux exotiques abandonnés, lorsqu’il avait 12 ans. Au refuge, Christopher prenait soin de léopards, de cougars et d’une variété de reptiles. « C’est lors de cette première expérience de bénévolat que j’ai développé ma passion pour la faune et les problèmes qui la touchent. J’ai commencé à réaliser l’impact que l’éducation pouvait avoir. » Parce que les gens sont naturellement attirés par les animaux, Christopher savait qu’il pouvait utiliser son expérience pour enseigner aux autres les secrets de la conservation de la faune. « C’est une chose que de parler de la nature et de la conservation, mais c’en est vraiment une autre que de voir en personne un animal appartenant à une espèce menacée », affirme-t-il.
Le désir d’enseigner a mené Christopher à travailler pour Blyth and Company Student Programs, un organisme spécialisé dans le domaine de l’enseignement privé et expérientiel au Canada. Grâce à Blyth, Christopher a eu l’occasion de diriger des projets environnementaux à Rome et aux îles Galapagos. Après avoir vécu à Victoria, à Whistler, en Espagne et au Chili, Christopher est retourné à Toronto lorsqu’il a eu la chance de joindre les rangs des Earth Rangers en 2000 afin de développer et de lancer leurs programmes éducatifs.
Ce qu’il fait pour sauver la planète : En tant que membre des Earth Rangers, Christopher a développé une approche à plusieurs niveaux pour éduquer les jeunes d’aujourd’hui au sujet du développement durable et de la conservation de la faune. Par le biais de leur programme de conférences dans les écoles, les Earth Rangers ont rendu visite à plus de 35 000 enfants afin de les sensibiliser au fait que les gestes reponsables peuvent aider à sauver la planète. Mais ça ne s’arrête pas là. « On ne se contente pas de se rendre dans une école, de faire une présentation et d’espérer que le statu quo change », affirme Christopher, terre à terre.
« Plutôt que de rester dans la généralité, nous choisissons d’y aller plus en profondeur en offrant aux écoles une variété de programmes pour donner envie aux élèves de devenir eux aussi des gardiens de l’environnement. » Parmi ces programmes, on retrouve entre autres la naturalisation de la cour d’école et des campagnes de lettres.
Mais la passion de Christopher pour les animaux ne se résume pas à son travail avec les Earth Rangers. « Je suis fasciné par la nature sauvage et je ne peux pas résister à l’envie de l’explorer et d’en apprendre plus à son sujet. » Cela explique pourquoi Christopher, lorsqu’il n’éduque pas les jeunes au sujet de l’environnement, travaille à parfaire sa propre éducation en visitant des endroits exotiques un peu partout à travers le monde. Durant ses vacances, Christopher a fait du bénévolat pour des campagnes contre la chasse à la baleine en Colombie-Britannique, pour la protection du cougar dans les Andes chiliennes et pour des programmes de conservation de l’ours en Chine.
Implique-toi : Comme les Earth Rangers sensibilisent les jeunes à propos du développement durable, si tu poses déjà des gestes pour réduire ton impact sur la faune et l’environnement, tu es déjà une gardienne de la Terre. Jette un coup d’oeil à leur site Web au www.earthrangers.com et découvre ce que tu peux faire de plus pour améliorer l’environnement. Tu peux même suggérer quelques-unes de tes idées.
Si tu as envie de t’impliquer davantage, tu peux toujours faire du bénévoltat à leur centre. Tu trouveras le formulaire de demande d’emploi sur leur site Web en plus des possibilités qui s’offrent à toi. Actuellement, les Earth Rangers ne sont présents qu’en Ontario, mais avec l’aide de Christopher, ils espèrent que leur organisme ouvrira bientôt des succursales partout au Canada et à travers le monde. En attendant, nous croyons que l’été est le moment idéal pour vous, lectrices de Vervegirl, de partir à la recherche de programmes se consacrant au sauvetage et à la réhabilitation de la faune dans votre région. Nous pensons que ce n’est qu’une question de temps pour que tout le monde devienne un gardien de la Terre.
