Peinturer des Murs Pour les Demolir
Par Hannah Sung


Quand nous sommes arrivés au Timor-Est, des garçons de tous les âges ont couru autour du stationnement de l’aéroport, entourant notre voiture. Les stationnements d’aéroports ne devraient pas être des parcs d’amusement. Ici, c’est le cas. Malheureusement, ces gamins jouaient également près de leurs maisons, puisque « la maison » est un camp de tentes assemblées à côté de l’aéroport. C’est un rappel qu’il y a quelques mois, les Timorais avaient l’espoir d’être épargnés la violence des émeutes intenses qui ont explosées en avril 2006. Ils se sont précipités vers l’aéroport après que des rumeurs ont circulées qu’ils seraient évacués. Ça ne c’est jamais produit. Le camp est resté. Ce camp, un de 56 camps dispersés à travers la capitale Dili, est tendu et plein à craquer.
Dili est belle, mais craintive. Les graffitis des gangs de rues sont des cartes de visites inquiétantes à chaque coin de rues. Les maisons et les voitures qui ont été brûlées durant les émeutes demeurent immobiles et inutiles. Des bandes rouges et blanches de plastique (la sorte qui entoure la scène d’un accident) volent dans le vent, attachées autour des arbres au hasard le long des rues poussiéreuses. Et évidemment les camps de personnes déplacées intérieurement (PDI) comme celui de l’aéroport – sont partout. Ils sont des réfugiés dans leur propre pays. Le Timor Est est probablement la plus jeune nation du monde, mais a une longue histoire de conflits politiques et de violence. Des rivalités de longue date ont explosé en avril 2006 entre la police et les forces militaires et ont causé les deux factions d’ouvrir le feu. La violence n’a pas pris fin depuis cette première étincelle.
Il y a actuellement 100,000 PDI à Dili. Quelques maisons ont été brûlées par les gangs. La panique et la l’instabilité dans la capitale du Timor Est sont si écrasantes que certaines familles ont même quitté leurs maisons qui sont tout à fait intactes. En fait, la peur les a forcées dans les camps de PDI. Le Timor Est est une nation indépendante depuis quatre ans. Plus de la moitié de la population a 18 ans ou moins. Ils sont, tout à fait littéralement, un très jeune pays. Si la débrouillardise, motivation et la passion de l’adolescence doivent être la force qui pousse ce pays vers l’avant, heureusement plusieurs adolescents relèvent cet immense défi.
À l’extérieur du complexe de CARE, j’ai regardé des étudiants en arts peindre une murale de graffiti pour la paix. En deux après-midi chauds, le mur solide, une barrière contre la violence et l’agression, a été transformée en une œuvre d’art. Le personnel de CARE a encouragé les enfants du camp de PDI à l’intérieur des murs du complexe de CARE d’interagir avec les enfants des quartiers voisins pour peindre des tortues, des papillons et des mots comme « paix » et « unité ». Chacun a collaboré, créant une excitation parmi les gens passant. Menées par de jeunes artistes, les couleurs vivantes des enfants et les coups de pinceaux ont reconquis le mur et leur rue.
Pour contribuer à ces efforts de reconstruction et de paix, il y aura un concert pour récolter des fonds pour YouthCARE. Les jeunes Timorais ont un fort désir de paix. Tout ce qu’ils ont besoin sont des opportunités afin de réaliser leur rêve. L’espoir est que bientôt, les jeunes n’auront plus besoin de peindre les murs qui divisent – ils pourront finalement les renverser.
Pour plus d’information sur CARE Canada et YouthCARE, visite le www.care.ca
Toutes les photos de Anne Larrass/CARE Canada
