L’école de la planche
Par Mandy Ng

« Rien ne peut se comparer à ce que l’on ressent lorsque l’on dévale une pente à toute
vitesse. Dans ces moments-là, je me sens vraiment invincible », raconte Elysha Bastien, 22 ans, une adepte du skateboard résidant au Québec. Si tu connais quelqu’un qui fait de la planche, tu l’as sûrement déjà entendu dire quelque chose de semblable. Que leur terrain de jeu soit l’eau, le béton ou la neige, les planchistes sont tous d’accord sur une chose : rien de mieux que le frisson de plaisir que procure la descente. Et peut-être est-ce cette montée d’adrénaline décrite par Elysha qui pousse chaque an toujours plus de gens vers ces sports. Durant les 10 dernières années, la pratique du skateboard a augmenté de 61 % alors que celle du snowboard a fait un bond de 243 %. La popularité grandissante des sports de planche font de leurs meilleures athlètes des célébrités qui obtiennent de lucratifs contrats de jeux vidéo, des émissions de téléréalité et des collections de vêtements. La culture populaire s’est entichée des sports de planche et a sorti de l’ombre ces activités autrefois considérées comme étant underground.
Derrière la planche
Même si les sports comme le skateboard, le snowboard et le wakeboard possèdent leurs propres caractéristiques, on a souvent l’impression que les planchistes forment un tout. « Généralement, les planchistes valorisent l’individualisme, la créativité et l’épanouissement personnel », explique Elysha. Et c’est le dévouement de la jeune fille et de son amie Tiffany Butler pour les sports de planche qui les a menées à fonder Rugged Riders, une organisation vouée au développement de solides communautés féminines de skateboard et de snowboard.
Alors, quelle autre raison peut bien pousser les gens à chevaucher leur snowboard, leur skateboard, leur wakeboard ou leur planche de surf ? Un indice ? Les encouragements que les autres planchistes, comme Elysha et Tiffany, prodiguent à leurs comparses. L’enthousiasme débordant que ressentent les planchistes envers leur sport préféré est assez contagieux pour convaincre n’importe qui d’essayer. « Les gens qui pratiquent un sport de planche feraient n’importe quoi pour satisfaire leur passion, raconte Sarah Blaise, 16 ans, de Toronto. Je pense que c’est ce qui attise la curiosité des autres pour ces sports. Lorsqu’on voit quelqu’un manifester autant d’excitation et de motivation pour les sports de planche, on en vient à se demander si c’est aussi intéressant qu’il le prétend. » Sarah fait très certainement la preuve qu’elle est passionnée puisqu’elle trouve le moyen de faire de la planche toute l’année. Non seulement pratique-t-elle le wakeboard à son chalet de la Baie Georgienne (Ontario) durant l’été, mais elle sillonne également sur son snowboard les pistes enneigées de la Blue Mountain à Collingwood (Ontario) durant les longs hivers canadiens. De plus, lorsqu’elle n’est pas à l’école, elle travaille également à temps partiel dans un magasin de planche à Toronto afin d’avoir un accès privilégié à l’équipement et à la culture entourant ses sports préférés. Ce besoin d’être constamment en contact avec la planche n’est pas exceptionnel. Certains planchistes se font un point d’honneur de soutenir les compagnies de vêtements et de chaussures qui commanditent les différents événements, de participer aux compétitions et de faire du bénévolat lors d’événements importants.
Certains pourraient être attirés par l’absence totale de pression qui caractérise les sports de planche. Contrairement à la plupart des sports d’équipe comme le hockey ou le baseball, il n’existe aucune règle dans les sports de planche. Tiffany Butler, 23 ans, pense que le but de ces sports est de permettre aux gens d’explorer leur créativité et leur individualité par eux-mêmes.
« Chaque planchiste a son propre style et lorsqu’il saute sur sa planche, il n’y a plus de limite. Les possibilités sont infinies », affirme-t-elle. Il ne fait pas de doute que le sentiment de liberté peut être très agréable. Mais revenons au début et parlons de cette sensation qui est à la base même des sports de planche : le frisson de plaisir que procure la descente. Si tu as déjà discuté avec des gens qui font de la planche, la conversation revient toujours à la sensation qu’ils éprouvent lorsqu’ils volent dans les airs, découvrent un nouveau truc ou tombent sur une vague extraordinaire. C’est Sarah, la planchiste quatre saisons, qui décrit le mieux ce sentiment : « C’est la même sensation que celle qui t’envahie quand tu n’as pas à penser à ton prochain test de maths ou à l’heure qu’il est. C’est seulement l’endroit où tu te trouves à l’instant même et le temps présent qui comptent. »
Skateboard

Le skateboard est passé du statut de sport underground à celui d’industrie générant des millions de dollars. Contrairement aux autres sports de planche mentionnés ici, le skateboard ne dépend pas de l’environnement. Pas besoin d’une montagne (mais c’est mieux lorsqu’il y en a une) ou d’une étendue d’eau pour pratiquer ce sport. « C’est ce qui fait la beauté du skateboard : on peut le pratiquer n’importe où. Dès qu’il y a du béton, tu peux le pratiquer », raconte Elysha de l’organisation Rugged Riders. Avec les innombrables compétitions commanditées par des compagnies de skateboard et le nombre grandissant de parcs dédiés au skateboard à travers le pays, les adeptes de ce sport ont fait beaucoup de chemin depuis l’époque où on les chassait des stationnements.
POINTE CHAUD: Le Shaw Millenium Skatepark à Calgary en Alberta. Ce parc est tellement réputé que même Tony Hawk a fait de la planche là-bas.
Snowboard
Nos longs hivers canadiens sont parfaits pour les fans de snowboard. Il y a de cela fort longtemps, les pentes enneigées n’existaient que pour le ski. Mais les dernières 40 années ont vu le snowboard se tailler une place parmi les sports d’hiver. Qu’ils fassent des acrobaties sur une demi-lune ou qu’ils dévalent une montagne, les adeptes du snowboard ne connaissent aucune limite sur le plan de la technique ou du style. Le snowboard a fait son entrée dans le monde olympique aux Jeux de 1998 à Nagano au Japon, confirmant ainsi l’intérêt du grand public pour ce sport.
POINTE CHAUD: Whistler et Blackcomb en Colombie-Britannique. Tu pourrais même tomber sur Cameron Diaz et Justin Timberlake en train de s’embrasser au pied d’une piste.
Wakeboard
Le site Web du Wakefest clame que le wakeboard est le sport nautique dont la popularité grandit le plus rapidement avec une augmentation de 100 % en matière de participation depuis les trois dernières années. Le wakeboard est un sport relativement récent qui combine surf, skateboard, snowboard et ski nautique. Pas besoin d’avoir un océan pour attraper la vague. Tout ce qu’il te faut, c’est de l’eau et un bateau pour te tirer.
POINTE CHAUD: Le lac Okanagan à Kelowna en Colombie-Britannique. C’est là que se déroule le Wakefest où on retrouve musique et événements de wakeboard spectaculaires.
Et c’est parti !
Puisque l’été est arrivé, pourquoi ne pas pratiquer un nouveau sport ? Si tu es intéressée à essayer un sport de planche, commence pas trouver un camp d’été, des cours ou des ateliers près de chez toi. Voici quelques suggestions :
Rugged Riders : Résidant au Québec et en Ontario, Tiffany Butler et Elysha Bastien, les cofondatrices de l’organisation, sollicitent constamment les commanditaires afin de mettre sur pied des ateliers sur le skateboard et le snowboard, et d’offrir aux filles une communauté bien à elles au sein de ces sports largement dominés par les gars. Visite le
www.ruggedriders.com pour consulter la dernière version de l’horaire d’été.
Camp d’été MGT Girls Summer Session : Ce camp d’une semaine se déroule à Whistler en Colombie-Britannique et s’adresse uniquement aux filles. À chaque jour, tu apprendras plein de nouveaux trucs grâce au savoir-faire des entraîneurs professionnels. Pour en savoir plus, visite le
www.mgtsnowboard-camp.com
Une fille à surveiller
Nom : Stacey Venturo
Sport de planche : Skateboard
Lieu de résidence : Barrie (Ontario)
Date de naissance : 2 mai 1991
Signature : Heel flip et double kick flips
Commanditaires : West 49 et Elements Skateboards
vervegirl : Qu’est-ce qui t’as amenée à faire du skateboard ?
Stacey : Mes parents m’ont acheté ma propre planche pour mon huitième anniversaire et je fais du skateboard depuis ce jour-là.
vervegirl : À quelles compétitions as-tu participé ?
Stacey : Aux Muskoka Woods Skate Series où j’ai obtenu la première place de la divison féminine en 2004 et 2005. J’ai aussi participé au West 49 Canadian Open en 2004 (10e place) et en 2005 (11e place).
vervegirl : Quel est le truc le plus dur que tu aies fait ?
Stacey : Je viens tout juste d’apprendre comment faire des fakie heel flip nose slides.
vervegirl : Quels sont tes plans pour cet été ?
Stacey : Faire du skateboard tous les jours, visiter des nouveaux parcs et participer à des compétitions. Passer du temps avec mes amis et nager dans ma piscine.
vervegirl : Quelle type de planche utilises-tu ?
Stacey : J’utilise une planche Element.
vervegirl : Où veux-tu être dans cinq ans ?
Stacey : J’espère être à l’université, avoir quelques commanditaires de plus et voyager à travers le monde.
